Les interventions d’urgence sur déversement accidentel d’hydrocarbures

Depuis les années 2000, la Bretagne Sud a expérimenté une gestion particulière des pollutions, essentiellement des cas de déversement accidentel d’hydrocarbures, grâce à une coordination public-privé inédite.
Une gestion inédite des pollutions, qu’elles soient de petite ou de grande envergure, notamment dans le cas d’inondations.

Déversement accidentel d’hydrocarbures résultant d’une submersion marine
Interventions d'urgence sur pollution suite naufrage

En tant qu’Officier Sapeur-pompier volontaire Expert, notre expert Robert OGIER formait et conseillait les services de secours civils.

En tant qu’expert privé, il intervenait sur tout déversement accidentel d’hydrocarbures au moyen d’un dispositif de traitement sur site, prémisses de celui que nous utilisons aujourd’hui.

Ce traitement sur site permettait déjà de limiter de manière substantielle les évacuations vers un centre de traitement, et par ricochet le coût des opérations, ainsi que le bilan carbone.

La régularité des échanges, que ce soit dans le cadre d’opérations, débriefing/RETEX, de formations ou manœuvres a permis une parfaite coordination et réactivité à chaque alerte pollution.

  • Régularité des opérations
  • Debriefing et RETEX
  • Formation RCH et maintien des acquis
  • Validation du matériel
  • Une coordination dès l’alerte pollution

Et cette coordination a eu toute son importance au moment des accidents majeurs survenus sur les 20 dernières années en Bretagne.

Formation sapeurs pompiers risques chimiques RCH

Cela a été le cas, par exemple, lors d’une submersion marine à Gâvres, en 2008, source de multiple cas de déversement accidentels d’hydrocarbures ou autres produits flottants.
Pour éviter le rejet d’une eau polluée dans la Petite Mer de Gâvres, zone réputée de pêche à pieds, il était impératif de dépolluer avant l’intervention des pompes de la Sécurité civile.

Déversement accidentel d’hydrocarbures résultant d’une submersion marine
Pollution déposée au sol

De cette manière, il a été possible d’éviter, d’une part, que la pollution ne se dépose et ne contamine les sols et fondations des bâtiments. La contamination des soubassements occasionne de fortes odeurs et rend les immeubles insalubres. Les dommages ont ainsi pu être considérablement limités.
Cela a permis, d’autre part, de préserver les vases où étaient enfouies coques et palourdes au moment du rejet des eaux pompées à la mer.

Déversement accidentel d’hydrocarbures dans cave inondée

Dans le cas des inondations de 2000-2001-2014-2016, en revanche, les eaux allaient naturellement être emportées par la décrue.
Tout l’enjeu consistait donc à dépolluer au maximum avant la décrue. En moyenne, celle-ci avait lieu dans les 8 à 10 jours après la montée des eaux.

En Bretagne, le relief est très escarpé. Les inondations restent donc relativement circonscrites, sur une dizaine de kilomètres.
Sur cette surface, il y avait en général une petite dizaine de zones très polluées à décontaminer impérativement avant la décrue : cuves retournées dans les caves, ruptures de stockage de GNR et huiles de vidanges dans les fermes, déversements de cargaisons de white spirit ou autres produits depuis les sites industriels, des parkings souterrains inondés…

Interventions d’urgence pollution parking souterrain inondé

Le dispositif de traitement était donc déplacé de maisons en maisons, en caves, cours, sites industriels. En parallèle, des camions de pompage ou tonnes à lisier réquisitionnées allaient pomper les eaux sinistrées par déversement accidentel d’hydrocarbures. Les eaux souillées étaient directement dépotées au sein de l’unité de traitement.  
Toutes ces zones ont pu être dépolluées à temps.

Traitement sur site pollution résultant d’inondations
  • Transfert vers un centre de traitement évité
  • Qualité de l’eau rejetée dans le milieu naturel
  • Impact économique et écologique minimisé

Ce traitement sur site a pu être associé à de l’épandage de tourbe blonde, absorbant naturel.

Lorsque les zones sont inondées sur une faible hauteur, l’épandage de tourbe permet de préserver le sol au moment de la décrue. De cette manière, la pollution ne rentre pas dans le sol. Ensuite, soit il est possible de la ramasser, soit le support foisonné qu’est la tourbe favorise la biodégradation des hydrocarbures piégés.

Dans les zones hautement inondées, la tourbe est utile dans les zones inaccessibles ou difficilement accessibles (comme dans les roselières). Cela donne une hyper flottabilité au polluant. Avec la décrue, la tourbe souillée se dépose au sol ou part avec la décrue. Lorsqu’elle part avec la décrue, selon la localisation de l’évènement, elle peut se retrouver rapidement dans la mer. Dans ce cas de figure, on limite la contamination des plages. Elle revient en effet sur les côtes sous forme de tourbe souillée en cours de biodégradation.

Interventions d’urgence sur déversement accidentel d’hydrocarbures avec tourbe

Tout cela constitue la genèse de nos moyens actuels et plan de sauvetage en cas d’accident majeur.

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